Depuis le mois d’Aout, nous avons ouvert un laboratoire sur notre prochaine création autour du film de François Truffaut, Le Dernier Métro avec une vingtaine de jeunes acteurices grâce au dispositif Impulsion de la Métropole de Montpellier.
J’ai commandé à l’autrice Marine Bedon un texte qui interroge le poids de ce film dans nos imaginaires et dans ceux de la jeunesse d’aujourd’hui. Regarder ce film en 1980 et aujourd’hui suscite des réactions très différentes. Comment on continue de parler de la guerre aux jeunes générations ? Comment on leur transmet les valeurs de la Résistance pour penser un monde plus humains et solidaire.
Parler de l’Occupation, du danger du fascisme et de l’élan du Front Populaire. Comment l’Histoire nous raconte le présent.
Argument :
Au commencement, il y a un film qui parle d’un théâtre sous l’Occupation allemande en 1942, d’une petite société qui essaye de faire « comme si » à l’heure du fascisme.
Comme si tout allait bien même si son directeur, Lucas Steiner, a été obligé de s’enfuir parce qu’il était juif.
La très bonne idée du scénario de ce film de Truffaut et Schiffman, c’est d’avoir laissé présent Lucas en le cachant dans les dessous du théâtre. Il n’a pas fui, il est prisonnier de son théâtre. Et si les gens voulaient voir, ils sauraient.
Sa femme, Marion, s’occupe de lui sans que personne ne soit au courant. Elle reprend la direction du théâtre et doit tout gérer: son mari, le théâtre, son rôle d’actrice.
Truffaut la rend immorale, amoureuse du nouvel acteur de la troupe, Bernard.
Immorale aussi parce qu’ici rien n’est plus important que le Théâtre même face à ce qui se passe au dehors. A la guerre, au génocide.
Un théâtre qui se regarde sans voir le Monde.
Marion n’aime pas ce film.
Elle voudrait le refaire aujourd’hui.
Parler de cette société en guerre civile que ce théâtre ne regardait pas, de l’enthousiasme interrompu du Front Populaire qui les avaient pourtant soulevés.
Un remake avec des jeunes gens pour qu’ils posent les questions qu’elle ne s’était peut-être pas posée dans les années 80.