Texte Julien Bouffier d’après les entretiens de Gabriel Monnet avec Pascal Ory
Mise en scène Julien Bouffier
Interprètes Jean Varela, Vanessa Liautey, Gaëtan Guérin et un choeur d’amateurs
Lumiére Georges Lavaudant
Vidéo Laurent Rojol
Musique Jean-Christophe Sirven
Scénographie Julien Bouffier et Thomas Godefroy
Création costumes Catherine Sardi
Lui, metteur en scène et elle, actrice, vivent reclus dans un théâtre fermé. Il est interdit de sortir, de se rencontrer et l’accès à la scène est muré. Dans l’attente de pouvoir reprendre les répétitions de leur Hamlet, Ils fabriquent une radio pour garder le lien avec le public. La solitude et l’enfermement pèsent sur leur couple et ils perdent petit à petit pied avec le réel, à la fois, visités par le spectre de Gabriel Monnet, homme de théâtre et pionnier de la décentralisation théâtrale et des jeunes gens, qui osent désobéir aux interdictions de se réunir en se regroupant sur le plateau du théâtre.
Dates :
Je ne connaissais pas Gabriel Monnet avant ce courrier reçu en 1992 au Théâtre de Clermont l’Hérault. Il ne savait pas où j’habitais mais comme depuis deux ans nous avions posé les valises de la Compagnie Adesso e Sempre dans ce théâtre, c’est ici que j’ai reçu ce mot qu’il avait écrit, après avoir vu notre premier spectacle joué à Montpellier. Il nous voyait comme les fruits du vieux pommier qu’il était.
Quelques années plus tard, je lui demandais de jouer le rôle de Dieu dans un texte de Joseph Danan puis d’être mon Don Ruy Gomez dans l’Hernani de Victor Hugo. Jamais il ne fit preuve de paternalisme et pourtant, c’est ce qu’il représentait pour moi, un père de théâtre.
Quand Jean-Claude Monnet m’a soufflé à l’oreille que son père, Gabriel Monnet aurait 100 ans en 2021, je lui ai proposé que nous fassions un spectacle sur lui, sur ce pionnier de la décentralisation, de la démocratisation culturelle dans un temps où les nécessités de service public de la Culture sont de moins en moins défendues.
Comme une boucle temporelle, déjà Malraux en 1963, pour l’inauguration de la Maison de la Culture de Bourges, défendait l’idée que la culture n’avait rien à voir avec les loisirs : « Ce que l’on appelle Culture », c’est l’ensemble des réponses mystérieuses que peut se faire un homme, lorsqu’il se regarde dans une glace, et qu’il voit ce qui sera son visage de mort. »
Alors il m’a confié les carnets de notes que son père a écrit toute sa vie. Un témoignage poétique de ce qu’il traversait. Pas du tout un journal. Il ne consigne pas ce qu’il fait. Un carnet comme une échappatoire à son quotidien de metteur en scène, d’acteur et de directeur d’institutions culturelles.
Julien Bouffier


