Les yeux rouges .(création mai 05 - nouvelle création décembre 05)
de Dominique Féret
Mise en scène Julien Bouffier

avec
Doumé, Ghyslaine Gau, Carole Jolinon, Claude Maurice
et la participation exceptionnelle de Gabriel Monnet

Scénographie Julien Bouffier / Vidéo Laurent Rojol et JB
Travail chorégraphique Ghyslaine Gau
Création sonore Éric Guennou / Création lumière Marc Baylet

Production
Compagnie Adesso e Sempre, co-réalisé par le Conseil général du Gard

Le spectacle a reçu une aide spécifique à la diffusion de
Musique et Danse en Languedoc-Roussillon en 2005
Remerciements à : La Ville de Collias, le théâtre du quaternaire

 
 
 

 
 
Extrait du spectacle Articles de presse
   

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Depuis deux ans, Julien Bouffier creuse un sillon dans son cheminement artistique où il aborde certains dérapages... Parce qu'il y a urgence à nous mobiliser tous, le théâtre engagé doit aussi toucher le grand public et notamment celui qui cherche à s'évader d'une réalité quotidienne, à se divertir, à se rassurer pour oublier, croire qu'il respire...
Il faut réussir à trouver un chemin sensoriel qui perce les défenses, relativise les certitudes et les perceptions.
Remettre en marche l'imaginaire, sa force de projection, d'émancipation.
"Je ne veux pas d'un théâtre donneur de leçons mais d'un théâtre qui questionne, porteur d'une promesse de bonheur car il recherche l'émancipation de chacun."
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Les yeux rouges est la deuxième étape de ce processus de création sur l'engagement et le travail. Le texte de Dominique Féret conduit le théâtre au coeur d'un documentaire sur le conflit ouvrier de l'usine LIP* en 73 à Besançon.
Constitué uniquement d'interviews sans aucun commentaire, le livre de Dominique Féret témoigne de ceux qui, un jour, ont refusé une réalité imposée et se sont rassemblés pour lutter pour le bien de chacun.
Le dernier volet du triptyque, Les vivants et les morts de Gérard Mordillat, sera crée au cours de la saison 2007/2008 au Théâtre des Treize Vents. On racontera l'ultime combat d'ouvrières et d'ouvriers contre la mort inéluctable de leur usine, en proie au libéralisme et à la mondialisation qui dévastent les vies. Ceux de "la Kos" ont décidé de se relever, et de dire, pour vivre debout.
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Voyage dans un esprit
Leur redonner la parole, c’est aller contre un mouvement qui avale le temps et nous réduit à gérer le présent. Un présent amnésique, un présent univoque.
Mettre en scène une interview, c’est faire entendre les paroles échangées, le lien, la rencontre, plus que l’histoire. C’est préférer raconter l’émotion, « l’humain », qui contaminent nos mots.
C’est mettre à nu notre mémoire, la partager avec « l’autre » pour qu'il se l'approrpie.
Ce n’est pas le réel de cette interview que je mets en scène ici mais son impact dans l'esprit de l’interviewer. C’est un voyage dans son esprit que je propose. au moment

 

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L'image, le son et le corps
Sur scène, le spectateur voit un écran, une peau, une grande page blanche, une photographie vierge où viennent " s’impressionner " les présences de ces paroles d’ouvrières.
La technique utilisée à vue (micro, voix off, bande son omniprésente, vidéo) permet cet aller et retour permanent entre le sensible (des corps et des voix ) qui conduit le propos vers la caresse, et le sens. Cet espace abstrait induit un traitement des corps, un traitement des voix particulier. Les actrices n’incarnent pas mais nous transmettent l’humanité de ces anciennes ouvrières : comment cette parole les traverse, comment elle se diffuse dans leur corps. Face à elles, une jeune danseuse questionne et nous force à appréhender des oralités et des "physicalités" marquées par leurs expériences d’interprètes d’une part, et par la partition qu’elles ont à jouer d’autre part.
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* LIP - Rappel :

Début 1973, alors que la direction de l'entreprise est prête à jeter l'éponge du fait d'une situation financière catastrophique, des syndicalistes mettent la main sur une pochette de documents, émanant de la direction, qui les renseigne sur les mécanismes d'une faillite organisée : un conglomérat d'horlogers suisses a œuvré pour rentrer dans le capital de l'entreprise et finalement devenir majoritaire. Ils ont ensuite limogé son président charismatique, Fred Lip, et ainsi éliminé un concurrent gênant en vidant ses caisses.

 
 

Les syndicats décident de contre-attaquer en informant tous les salariés de l'usine ainsi que les médias. Un fort courant de sympathie naît alors dans l'opinion publique. Mais malgré tout ce travail de sensibilisation, rien n'évolue et la liquidation administrative est planifiée.
C'est à ce moment que les salariés de Lip rentrent dans l'histoire en décidant de reprendre la fabrication des montres. Les « Lips » produisent et s'organisent pour vendre leurs montres mais ils n'ont pas l'intention pour autant de se mettre en autogestion, ils attendent que patrons et pouvoirs publics conçoivent un plan de relance.

Un mois après, les Lips se payent sans hiérarchisation de salaire. Le lendemain, les gardes mobiles pénètrent dans l'usine de Palente et expulsent les Lips qui gardaient le lieu.

 
 

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Les salariés avaient prévus cette éventualité et avaient dissimulé leur trésor de guerre, c'est à dire les montres qu'ils avaient fabriqués. Ils continueront ainsi durant tout le mouvement à fabriquer, vendre et se payer. De grandes manifestations de soutien s'organisent partout en France et en Europe. Le 29 Septembre 1973, 100 000 personnes se réunissent pour une grande marche autour de Besançon.

Fin Janvier 74, après 300 jours de lutte, le projet de relance Neuschwander est accepté par tous les partenaires sans aucun licenciement.