Théâtre / Performance / Film

Les Vivants et les Morts
D'après le roman de
Gérard Mordillat
Adaptation et mise en scène Julien Bouffier
Création de la saison 1: novembre 2007, saison 2 : Décembre 2008

La saison 1 des " Vivants et les Morts" a été créée en novembre 07 à Montpellier. La saison 2 débarquera sur la scène du théâtre de Gramont en décembre prochain. Dans son intégralité cette saga de 9h00 emportera le public au cœur d’un spectacle total mené à bras le corps par une vingtaine d'artistes... entre sitcom, concert de rock, théâtre et cinéma.
Autour de l'adaptation du roman de Mordillat, Julien Bouffier a lancé différents événements plaçant la question du travail au centre de ses préoccupations artistiques actuelles. La compagnie propose :
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Hors de soi ( Lecture sonique ), performance théâtrale et musicale avec le groupe Absynthe (provisoire) sur un extrait du roman. Dans cet episode, une manifestation sanglante contre la liquidation de l'usine de Raussel oppose les ouvriers, leur famille et sympathisants aux CRS... L'ultime combat avant l'explosion de l'usine.
Cette lecture sillonne les quatre coins de la France depuis 2006. Prévue pour donner un avant-goût du spectacle, c'est aujourd'hui une forme artistique à part entière qui agit tel un commando immergeant le public au coeur du conflit ouvrier.. -->

Le film sur la création des Vivants et les Morts, un documentaire qui mêlera à notre making off les interviews de témoins rencontrés pendant notre travail de création chez nos coproducteurs. Dans ce film cohabiteront des réalités, des attentes, des idéaux, des aspirations différentes sur la question du travail un point commun : le respect et l'épanouissement de l'individu.


 
 

LES PROJETS 2010 - 2011

Chacun des spectacles de Julien Bouffier répond au précédent poursuivant une recherche formelle, ou traitant des mêmes sujets.
Depuis quatre ans, il tire le fil du rapport au travail, considérant qu’il reste un des enjeux principaux de notre société.
Aujourd’hui, il commence un nouveau cycle de recherche artistique autour de la question identitaire : s’ancrer dans un territoire, interroge notre besoin de posséder des racines.
Ces fameuses origines qu’on invoque comme un étendard ou un bouclier face à l’autre pour s’identifier, pour se rassurer. Pour beaucoup, l’appartenance à un groupe, à une communauté, aide à se diriger, à avancer. C’est pourtant l’apprentissage, l’expérience qui fait de nous des êtres humains.
Ces ateliers de recherche ouvriront deux champs mémoriels différents qui bousculent notre appréhension du quotidien :
- La Grande Histoire et notre positionnement géopolitique à partir du texte de Marguerite Duras, Hiroshima, mon amour.
- La co-existence travail/famille dans une introspection intime devant la mort avec la bande dessinée de Jiro Taniguchi, Un Ciel radieux ?

Hiroshima, mon amour de Marguerite Duras

Cette œuvre a le destin particulier d’être autant un film, qu’un livre.
Duras choisit pour lieu de rencontre amoureuse, Hiroshima, un des lieux qui représente le mieux l’inhumain. Comment faire évoluer ces amants étrangers l’un à l’autre (elle est française, lui, japonais) sur les cendres de la bombe atomique. De qui, de quoi tombe-t-on amoureux, pris ainsi dans les méandres de sa conscience d’occidental face à cette situation dont nous ne pouvons pas, ne pas nous sentir responsable ?
Julien Bouffier a voulu décontextualiser le texte en imaginant un Hiroshima légendaire, symbolisant la terre culpabilisante et ainsi embrasser l’Histoire moderne.
Qui serait aujourd’hui « le japonais » de Duras ?
Qui serait cet ancien ennemi, cet étranger du bout du monde ?
Serait-il le même d’où que nous soyons ?
Qui, dans notre société mondialisée, est notre étranger ?
Ce projet va se construire par étape en France et à l’étranger (Espagne, Italie, Sénégal, Chine, Egypte) où nous engagerons dans chacun des territoires un comédien différent pour jouer le rôle du Japonais. Accompagné d’une équipe légère (une actrice, un vidéaste, un technicien), nous partirons à la recherche de cet acteur, tentant de définir notre vision de l’Etranger, notre japonais. Toutes les versions seront filmées et serviront à nourrir les mises en scènes postérieures.

Un Ciel Radieux de Jiro Taniguchi

Cette bande dessinée ou plus exactement ce manga, raconte l’histoire surnaturelle d’un accident de la route où l’âme du mort vient hanter le survivant. Bien loin d’un quelconque récit de science fiction, Taniguchi nous emmène dans un conte philosophique sur le sens de nos vies.
La bande dessinée est devenue ces dernières années un art majeur qui a trouvé une manière singulière de parler d’aujourd’hui.
Le désir d'interroger ce mode d’expression artistique m'habite depuis plus d’une dizaine d’années.
Utiliser comme matière première une bande dessinée est une main tendue vers le jeune public, une manière, une nouvelle fois, de désacraliser la création théâtrale en choisissant pour support un média très populaire.
Cette création initiera un projet plus ambitieux : le roman graphique de Dave Mac Kean, Cages.

Ce sera l‘occasion de mettre en pratique la technologie numérique, la motion capture et l’usage des capteurs sur le corps des acteurs.
Une résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon est envisagée avec le directeur du CNES, Franck Bauchard. Elle fera suite à un partenariat avec le Centre des Ecritures Contemporaines et Numériques à Mons en Belgique.
Tout un travail sur le double sera mis en œuvre entre un acteur et son avatar numérique. Comment en effet représenter l’âme humaine d’un mort ? Doit-elle être plus présente que la chair d’un vivant ?
Ce sera un incessant croisement entre des situations théâtrales traditionnelles faites d’acteurs en chair et en os et la présence d’images numériques rendant compte d’un monde parallèle, esthétiquement proche des jeux vidéos.
En effet, les jeux vidéos sont en passe de devenir le média de divertissement le plus populaire avant le cinéma. L’avènement des nouvelles technologies transforme le joueur en acteur physique de situations fictionnelles (cf la console WII de Nintendo). Pour les nouveaux films d’animation, il est demandé aux acteurs d’interpréter des personnages virtuels de dessin animés (cf la motion capture).
C’est le retour du vivant, de l’humain au centre du processus numérique, la reconstruction d’un théâtre archaïque.
Il semble par conséquent important de rendre compte de ce lien aux spectateurs plus intéressés par les jeux vidéos que par le théâtre.