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Parcours 1991-2014

Parcours de la compagnie Adesso e sempre 1991-2014

La compagnie Adesso e sempre est née dans la tête de dix lycéens sortis des cours de théâtre des comédiens d’Antoine Vitez au lycée Molière à Paris, il y a plus de 20 ans.
Tout de suite confrontés à un public rural lors d’une représentation de leur première création à Clermont-l’Hérault, ils font le pari de s’installer dans l’Hérault pour éprouver plus simplement leur rapport au public.

Après six ans de résidence à la Scène nationale de Sète, la compagnie, dirigée par Julien Bouffier, est associée au Théâtre des Treize Vents, Centre dramatique national de Montpellier L-R, pendant trois ans puis au Théâtre Jean Vilar de la Ville de Montpellier pendant deux ans et en compagnonnage avec le Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine depuis 2009.
Depuis 2003, la compagnie est subventionnée par le Ministère de la Culture / Drac Languedoc-Roussillon au titre des compagnies conventionnées.

Faisant d’abord ses armes sur des œuvres méconnues d’auteurs du répertoire, Julien Bouffier met en scène pour la compagnie de plus en plus de textes contemporains. L’éducation classique qu’il a reçue l’éloigne d’abord de l’écriture contemporaine. Il croit au rôle d’auteur tenu par le metteur en scène. En proposant des lectures singulières qui provoquent le spectateur dans sa manière de regarder une œuvre, il imagine agir sur la société et ouvrir les portes du théâtre à des personnes qui s’en sentent exclues.
En 1997, il adapte et met en scène un roman autofictionnel de Claude Lucas sur le monde carcéral, Suerte, qui obtient le prix de la jeune création au dernier festival d’Alès. Dans ce spectacle, il décide de modifier le rapport au public en plaçant les spectateurs dans des boxes face à une glace sans tain. C’est par ce spectacle « peep-show » qu’il sera distingué bien au-delà de la région Languedoc-Roussillon. L’État reconnaît son travail et signe une convention (reconduite à ce jour jusqu’en 2014) avec la compagnie.
En 2002, il crée Le Début de l’A de Pascal Rambert dans un dispositif bi-frontal qui empêche le public d’assister à tout ce qui est joué. Il questionne encore et toujours le rapport au spectateur, soit par la place qu’il lui donne dans l’espace (rapport de proximité, d’éloignement, axes du regard...), soit par la perte de ses repères en jouant avec la réalité et la fiction, soit par une démultiplication des signes pour assouplir, voire détourner la codification de la représentation théâtrale.

En 2003, s’opère un tournant. Alors que la compagnie présente à Avignon le texte de Pascal Rambert, elle prend part au combat des intermittents et comprend que ce qu’elle prenait pour acquis ne l’est pas. C’est la place du théâtre dans la société et son rôle qui sont remis en cause. Il décide alors de ne plus être seulement sur le champ de la forme mais de travailler les questions sociétales sur scène.
Ainsi, à partir de 2005, Julien Bouffier a la volonté de mettre en scène le monde du travail et les conflits liés à cette thématique (Les Yeux rouges de Dominique Féret sur le conflit Lip, Les Vivants et les Morts de Gérard Mordillat, grande fresque de 8 heures sur une lutte ouvrière plus ou moins fictionnelle) en produisant un théâtre engagé capable de toucher le grand public et notamment celui qui cherche à s’évader d’une réalité quotidienne, à se divertir, à se rassurer pour oublier... Quel espace de respiration commun et d’émancipation peut proposer le théâtre ?
Dans le même temps, la compagnie continue à approfondir sa recherche sur la présence sur scène de l’image et de l’art numérique. Elle développe des systèmes de captation vidéo en temps réel rediffusée en simultanée.
En 2009, dans le cadre de sa résidence au Théâtre des Treize Vents, carte blanche est donnée à la compagnie pour créer un temps fort de programmation théâtrale axé sur la transdisciplinarité.

Le festival Hybrides naît d’un souhait d’ouverture à de nouvelles formes d’écritures scéniques, notamment très présentes en Europe et trop rares sur la Région, l’intérêt se porte en particulier sur le théâtre documentaire.
C’est à l’occasion de résidences (dispositifs appelés « Sondes ») organisées avec le Centre national des Écritures Scéniques à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon que le projet de création Les Témoins naîtra et conduira la compagnie à un travail de près de quatre ans autour du traitement théâtral de l’actualité, questionnant encore de manière plus interactive la place du spectateur physiquement et virtuellement.
Pendant ces années de recherche, la compagnie Adesso e sempre a défriché des territoires et des publics très différents, entre des actions et des interviews dans des bureaux d’entreprise au sein de Comité d’Entreprise du siège de la SNCF à Paris (dans le cadre du compagnonnage avec le Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine), ou des ateliers menés avec des classes entières de toutes sections, dans le cadre du dispositif Lycéens Tour de la Région Languedoc-Roussillon. Pendant quatre ans, ce spectacle a décliné de nombreuses manières d’intervenir dans la Cité, évoluant et se reconstruisant suivant les contextes de représentation.

En 2014, après cette longue traversée d’un théâtre d’actualité, Julien Bouffier ressent la nécessité de revenir à la fable. Il commence un nouveau cycle avec sa version du Mépris de Godard, où il prend de la distance avec la question documentaire même si le titre du spectacle, Le jour où j’ai acheté ton mépris au Virgin Megastore, ramène à une proche actualité. Dans un monde où le diktat de la finance anéantit les valeurs, les personnages de la pièce s’inscrivent dans un fait d’actualité qui concerne le tout un chacun et pour lequel il mobilise l’attention et l’opinion du spectateur. Julien Bouffier assume pour la première fois la position d’auteur et prolonge les thématiques et les outils déjà expérimentés (rêverie liée au cinéma, un théâtre musical, la chorégraphie). Il ressent alors le besoin d’un théâtre plus concret, plus physique qui se recentre sur le travail des acteurs.