Empreinte / Le journal d'Hybrides

Empreinte du vendredi 13 mars 2015

 

Dis papa

- Dis papa, t'as connu toi le cinéma ?
- Bien sûr j'ai connu l'cinéma enfin
- C'était comment ?
- Et bien, tu vois la télé ?
- Le gros truc qui prend toute la place qu'on s'entend plus penser ?
- Exactement mon p'tit !
Et bien avant on se retrouvait tous dans des grandes salles
Et dedans heu, y avait une télé géante qui passait tout un tas de films qu'on regardait par envie, on avait le choix, et y en avait plein, et quand on sortait on se sentait plus intelligent.  
- Hein hein
Dis papa, t'as connu toi heu le théâtre ?
- Ha bien connu l'Théâtre !
- Et c'tait comment ?
- Et bien... tu vois ce parking ?
- Ouais
- Et bien c'était à peu près grand comme ça
tout coloré avec tout un tas de sièges et des gens qui jouaient des spectacles
Ha non t'as pas connu le spectacle toi
enfin on appelait ça des pièces !
- Ouais bref
Dis papa t'as connu toi la musique ?
- Ha si y'en a un qui a bien connu la musique c'est ton père mon ptit !
Les flûtes, les guitares, les pianos, les batteries, les contrebasses, les harmonicas.
- Et euh la danse ?
- La danse, oui, le flamenco, le hip hop, la salsa, le foxtrot...
- Et, heu c'est passé où tout ça papa ?
- Hé bien mon ptit c'est passé où
C'est passé que ça s'est mal passé mon ptit que...
Tu vois on a tout dézingué ! Enfin on les a supprimés !
- Vous avez tout supprimé !
- Ben ouais !
- Vous en avez pas laissé pour les autres !
- Bah on a pas pensé mon ptit !
À la télé ils nous disaient qu'y avait besoin de sous pour tout un tas d'projets qu'on connaît pas l'nom mais qu'on nous a dit qu'ça allait changer notre vie donc si tu veux comme il en fallait et ben ils en ont eu et comme ils en ont eu bah...
- Y en a plus !
- Exactement !
- Dis papa t'as connu quand y avait pas de couvre-feu ?
- Ha j'ai bien connu !
Des fois on était là comme ça on se baladait, la nuit, on était libres !
- Libres ?
- Oui non, laisse tomber !
- Et heu, le dessin ?
- Ha les dessins.
Tu vois les images de synthèse ?
- Les images qui passent à la télé toute la journée qu'on en peut plus qu'elles sont moches ?
- Exactement mon ptit !
Et bien ces images autrefois étaient faites à la main une par une par des humains, c'était du grand art
- Nan mais attends tentententends !
Là t'es en train de me dire qu'avant y avait des pièces, des films qui passaient dans des salles, des dessins faits par des hommes que maintenant ils sont fait par des ordis, qu'on était libres, tu s'rais pas en train d'te foutre de moi non ?
Et la culture ? Tu vas me dire que t'as connu la culture ?
- Calme toi mon ptit, calme toi !
J'ai connu les artistes, les livres, les expos, plein de culture partout !
- Et vous avez tout !
- Ben oui heu !
C'ta dire on pensait pas mon ptit !
Enfin on s'disait qu'on sera plus là et bien depuis qu'y en a plus nous ben on a le nez dans nos emmerdes tiens !
Mais c'est pas de ta faute tout ça mon ptit faut pas être triste hein.
- Heu j'suis pas triste j'suis fâché !
Moutons, lâches, assassins de réflexion !
- Écoute tu vas me parler sur un autre ton sinon j'éteins la télé !
- Et la censure ? T'as connu la censure ?

(Inspiré de la chanson Dis Papa de Zoufris Maracas)

 

On a encore la parole

Ils m’empêchent de bouger
Mais moi je veux crier
C'est qu'ils veulent me rendre muet
Mais ils m'empêcheront pas de m'exprimer
- Je voudrais montrer qu'on a encore la parole -
Toujours des choses à dire, des choses à créer
Regarder le monde et le réinventer
Et si un jour la Terre se refermait
Je ne plierai jamais, c'est sur la Lune que j'irai jouer
- Je voudrais montrer qu'on a encore la parole -
Regarde-moi du haut de mes 16 ans
Rempli de merveilleux rêves d'enfant
Je veux pas que ça s'arrête et ma parole se battra
J'offrirais toute ma vie tout ce qu'il y a en moi
- On a encore la parole -
Si la route est barrée, y' a toujours d'autres chemins
Parfois plus tortueux, mais ça n'arrête rien
J'avance encore, et si vous y croyez comme moi
Alors tous, main dans la main, on avancera
- On a encore la parole -
Et je le prouve aujourd'hui
Avec ces quelques mots et avec toute cette envie
De crier au monde « Lève-toi comme je me suis levé,
Chante, Danse, Joue, montre qui tu es ! »
- On a encore la parole -
Au fond de toi, tu le sais
Alors faisons exploser la Terre de couleurs avec nos pensées
Si je te propose aujourd'hui de marcher avec moi
C'est parce que je sais que personne ne nous l'enlèvera
- ON A ENCORE LA PAROLE -

 

La Mairie

 

Partons pour un nouveau rêve

Partons pour un nouveau rêve
Que nous avons déjà joué une fois.
Une expérience qui fut brève
Mais la fin n'y est pas,
Rien ne s'arrêtera.
Tu ne crois pas à cette information sordide
Pénible et inaudible.
Tu ris de leur bêtise et de leur incompétence.
Ces gens d'une aura grise, montrons-leur ce que l'on pense,
Que la culture est immense.
Elle en devient imposante, se ressent en chacun de nous.
Emporte tout ce que tu peux tel le courant du fleuve,
Et si par malheur un barrage se dresse entre la connaissance et toi-même
Cherche des solutions, ne tombe pas dans la facilitée en te pliant à ce problème
Car avant qu'il ne pleuve
On peut attendre durant des mois, des mois de sécheresse.
Pourquoi une ville d'art deviendrait-elle cupide ?
Restez hagards mes amis, et soutenons Hybrides.

 

Mots évoquant

... la Chapelle Gély

Nouveau – Inconnu – Découverte – Incertains – Ensemble – Cercle – Scène – Repas – Concentration – Doute – Envie – Implication – Humain – Intense – Confiance – Échanges – Liens – Thé – Attachement – Piano – Chant – Passion – Molle – Rire – Émotions – Sentiments – Odeurs – Expressions – Liberté – Pureté – Souvenirs – Voyage – Couleurs – Impatience – Éprouvant – Fatigue – Rencontres – Précieux – Profond – Univers – Enfoui – Corps – Mermoz – Post-it – Pleurs – Nostalgie – Énergie – Immersion – Amour – Travail – Métamorphose – Harmonie – Changement – Production – Partage – Joie – Bonheur – Appréhension – Excitation – Stress – Cohésion – Expérience – Cœurs – Unique – Et bim

... l'annulation du festival Hybrides

Choc – Incompréhension – Tristesses – Regrets – Colère  – Désolation – Absurde – Disparition – Inexpliqué – Mélancolie – Annulé – Espoir – Hypocrisie – Rages – Cupidité – Retour – Courage – Déception – Surprise – Censure – Peurs – Dégoût – Crier – Étonnement – Désarroi – Mépris – Impuissance – Insensé – Dramatique – Stupide – Invisible – Ignorance – Régression – Changement – Annulé – Zut

 

La rupture

Pour tout vous dire, c'est ce 23 février que, de nouveau, sa vie a basculé,
Arrivée dans ce nouveau lycée où tout est parfait, elle est absorbée par cette dure réalité,
Apprendre la fermeture d'un lieu de culture a provoqué en elle cette douloureuse déchirure
Cette envie de dégager ce tas de moisissure qui persiste à engrainer ses brûlures.

L'annulation du festival théâtral, ça l'a fait crier à en perdre les amygdales.
Un sentiment de haine, de rage et cette putain d'envie de tout casser.
Vider, il faut vider, se vider la tête pour oublier
Pour oublier cette énorme chose qui lui a été ôtée.

Ça y est, je me souviens, c'est bien à ce moment-là que tout a commencé,
Oui je me souviens, en elle, de cette obscurité.
Elle qui voulait étudier, des années si elle le pouvait,
S'enrichir, s'acharner à apprendre.

Jamais elle n'avait imaginé que le pouvoir de la culture pouvait se voir décimé,
Jamais elle n'avait imaginé mettre ses pieds dans cette infinité,
Mais surtout jamais elle n'avait pensé les y laisser.
Tu ressens cette cassure ?

Une fois de plus, elle se sent abandonnée, après tant d'années à rechercher,
À travers des pièces représentées,
Elle perd pieds, hurler, crier, casser, déchirer,
Ses sentiments l'envahissent, et elle s'est mise à pleurer.

Le dégoût en elle s'est installé et l'espoir s'est barré
Parce que tout ce qu'elle voulait est parti en fumée,
Tout ce qui l'aidait à respirer s'est envolé en laissant derrière lui,
Une gamine meurtrie.
En laissant en guise d'au revoir, un cadavre qui se désemplit.

Je crois bien qu'il est important de préciser,
Que tout ce qu'elle a exprimé a fini dans l'évier,
Que tout ce qu'elle a espéré s'est fait tabasser,
Que tout son avenir, ne sera désormais que regrets.

 

Deux dates

15 Décembre 2014
Ça y est, la semaine que j'ai tant attendue pointe enfin le bout de son nez ! J'ai hâte de voir, de savoir à quoi ressemble la Chapelle, de savoir comment nous allons occuper nos journées, de neuf heures trente à dix-huit heures trente.
Cette semaine-là nous travaillons sur de l'ancien et du neuf à la fois, nous mettons tout un processus de création originale en testant des chorégraphies esthétiques et en produisant nous-mêmes des textes avec des moments de réflexion puis de partage avec de magnifiques intervenants ouverts à toutes nos propositions. C'est beau puisque rien n'est rejeté, tout est possible, c'est du génie, nos idées sont concrètes et nous les mettons en place, sur scène, jour après jour dans la joie. Je réalise quelle chance j'ai d'être ici et l'opportunité qui m'est offerte. C'est une semaine que je n'oublierai pas et que je vis avec un groupe soudé que je découvre au fil du temps. Nous travaillons sur des sujets qui nous touchent, libres avec des matériaux qui sortent directement de nous-mêmes, qui sont nos propres productions. Nous produisons des écrits, nous nous servons de supports comme les post-it qui se trouvent être la base de nos réflexions et de nos productions. Aidés par les mots de la semaine, un travail mis en place tout au long de l'année qui consiste à partager sur un sujet précis, nous montons notre étape de travail. Autorité, fenêtre, souvenir, J. Drillet, enregistrement, répétition, chorégraphie, plaisir, espace éclaté, son, lumière, musique, saucisse et semoule.
Nous présentons notre étape de travail. Je suis fière. Fière de nous. Fière de la confiance de notre prof. Et je les aime encore plus, on a fait un bout de chemin ensemble. Chemin qui continuera j'en suis sûre.

23 Février 2015
Quoi ? Qu'est-ce qu'il dit ? Annulé ? Comment ça « annulé » ? Mais qu'est ce qu'on va faire ? Répondez-moi enfin !

Tu fermeras les yeux et tu te sentiras plus seule que jamais. Tu seras solitude. Tu seras ce silence sans sortie qui fait trembler les murs. Ils ne sauront pas s'il faut s'asseoir ou se lever, s'il faut rire ou pleurer, s'ils sont choqués ou déçus.
Et moi, qu'en penserai-je ?
Rien que toi, toute seule tu auras peur, très peur. Ton cœur battra vite, tu resteras debout face à eux.

 

Et après

Je vais faire comme si je n'avais pas entendu, pas parce que la foule hurle à côté mais parce que je ne comprends pas. Où trouvez-vous le sens de cette décision ? Voyez comme cette foule la déteste, votre décision. Vous castrez leur sensibilité, leur créativité et leur expression. Pourquoi vous faîtes ça ? Vous enterrez vivant toute une troupe de cœurs battants, suspendus aux lèvres de ceux qui choisissent. Peut-être allez-vous les aider à faire le deuil de quelque chose auquel ils croient, ils y croient si fort que c'en est plus que dommage, triste et alarmant.
« La fête est terminée, circulez, y a plus rien à voir ». La foule frissonne, l'entendez-vous se soulever ? Elle déchire vos idées, elle les trouve insensées, elle crie à la censure. La voyez-vous debout, prête à passer les barrières ? Ah, vous la voyez mais vous daignez continuer à croire en ce que vous dîtes. Ne l'entendez-vous pas gueuler votre nom avec acharnement pour que vous lui répondiez ? Êtes-vous sourd ? Avez-vous des principes ? Connaissez-vous ceux de la foule à qui vous tournez le dos ? Mais regardez-la agir à l'unisson, les yeux rivés sur vous, la colère qui les entoure, les bras s'agitant pour attirer votre précieuse attention, la bouche ouverte, la langue aiguisée d'arguments, l'espoir plein le crâne, tous à la même hauteur. Voyez-vous les barrières vous séparant du monde extérieur plier sous le poids de la foule orpheline ? Entendez-vous le fracas du fer sur le sol ? Leurs mains taper ensemble comme sur le rythme cardiaque qui leur appartient ? N'êtes-vous pas assourdi par la foule en délire ? Elle cherche un sens à ce qui n'en a pas. Vous ne cherchez même pas à comprendre ce qui est une évidence face à vous. N'avez-vous pas peur de cette foule bien déterminée à s'exprimer ? Vous le devriez, car il n'y a pas plus puissante que celle-ci.

 

Madame

Lecture de la lettre ouverte du Maire de Villeneuve-lès-Maguelone à la Présidente de l’association Bérenger de Frédol.

 

 

Je reviendrai

Voilà, c’est annulé. C’était pourtant l’occasion de pouvoir continuer cette aventure. L’aventure de notre travail, de notre groupe. L’aventure de La Chapelle. Je me souviens, je me rappelle encore de chaque moment, de chaque instant, de chaque émotion qui ont existé cette semaine. C’est aujourd’hui, maintenant, que tous les souvenirs s’illuminent en moi. Regarde comme je brille. La bonne ambiance, la joie, le travail recherché en profondeur, la concentration, la musique, les discussions, puis notre jeu, notre fatigue, nos paroles et nos larmes. Tous ces souvenirs, toutes ces pensées fusillent mon cerveau, mon corps et mon âme.
J’étais si joyeuse et motivée à l’idée de jouer dans ce festival. Mais je n’ai pas envie d’être nostalgique, non je ne veux pas, je veux me battre, je veux vivre. Me battre pour que des moments comme ça puissent toujours exister, et vivre pour avoir la chance de pratiquer l’art de partager. Quel bonheur c’est de partager ! Alors je m’en vais découvrir un monde dans lequel l’art est accepté sous toutes ses formes, sous toutes ses couleurs, un monde où les hommes peuvent s’épanouir et rêver. Vivre sans l’inquiétude que tout leur soit enlevé. J’ai besoin d’air frais. J’ai besoin de respirer, j’ai besoin de sérénité et de liberté pour penser, pour réfléchir. Je veux trouver des solutions aux tracas qui menacent les hommes. Puis je reviendrai pour me révolter. Encore une fois ?

 

Atlas, un pari fou

Interview avec Sabine Moulia et Mélissa Sorin par Sabine Moulia et Mélissa Sorin
Nous sommes étudiantes en Master de Direction artistique de projets culturels. Nous avons intégré la compagnie Adesso e sempre pendant deux mois pour un stage. Une de nos missions portait sur Atlas Montpellier.


Mais, qu’est-ce qu’Atlas ?
Atlas, c’est le pari fou des portugais Ana Borralho et Joao Galante de réunir 100 personnes dans un seul et même spectacle.
Il est accueilli à Montpellier grâce à la collaboration entre hTh et le festival Hybrides.
Sa particularité, c’est qu’il faut rassembler 100 personnes de 100 professions différentes.
Il s’agit de les faire sortir de leur quotidien, de leurs pratiques habituelles et devenir le protagoniste d’une proposition unique.

Qui peut participer ?
Celui qui en a l’envie, seul, ou avec ses amis, sa famille, ses voisins… voire ses ennemis.
Il ne s’agit pas d’avoir une pratique culturelle, théâtrale ou chorégraphique, il suffit juste d’être soi-même.

Sabine à Mélissa :
- Quelle a été ta première impression lorsque l’on t’a présenté ta mission de stage au sujet d’Atlas ?
- Chouette ! On m’a parlé d’un travail autour de 100 personnes amateurs à rechercher et je me suis dit que j’aimerais bien faire partie des acteurs, et voir le travail de l’autre côté. Car travailler avec des metteurs en scène et emmener des personnes de l’autre côté, je trouve ça super intéressant.
Mélissa à Sabine :
- Comment procède t-on pour chercher et motiver 100 personnes ?
- En fait, nous recherchons même 130 personnes !
Quand on nous a parlé du projet, on s'est dit qu'il faudrait diffuser au maximum. On a commencé par du dépôt de flyers classique. Mais on s'est rendu compte que seul l'échange direct avec les personnes pouvait avoir une influence sur le nombre de participants.
Parce que quand on parle d'un projet comme ça à des gens, la première réaction c'est de dire « de quoi tu me parles, c'est très abstrait, d'où ça sort ? » et c’est après qu’ils vont mesurer l'importance du projet… Et ils vont se dire « ah non non c'est pas pour moi ». Par peur de l'inconnu ?
Ensuite, on a fait un travail directement auprès des réseaux associatifs, par quartier.
- C'est quoi l'échange direct ?
- Leur présenter le projet, la démarche des metteurs en scène et surtout mettre l'accent sur l'expérience que ça représente. L'occasion de monter sur scène et de travailler pendant une semaine avec des artistes ne se présente pas tous les jours.
La question de « vous en êtes à combien ? » nous est souvent venue, les jours passant, et le nombre de participant n’augmentant que trop lentement…
Nous n’avions pas la sensation de pouvoir influer aussi facilement que nous le pensions sur ce nombre, difficile de fédérer des inconnus autour d’un projet de cette envergure.
Nous avons essayé de motiver les gens à venir avec leurs amis, leurs voisins… mais ce n’est pas toujours facile de se lancer dans cette aventure tout seul, avec des inconnus, les gens appréhendent.
Sabine à Mélissa :
- Quelle limite se donne-t-on pour parler du spectacle ? Jusqu’où peut-on aller pour présenter le projet ?
- Est-ce que quand on va voir un film on parle de la fin ? ou lorsque l’on parle d’un livre ? non. Eh bien là c’est pareil. Moi, je connais le concept et l’idée qu’il y a derrière, mais ce qui se passe exactement sur scène c’est les metteurs en scène qui le savent.
On a pris le parti d’inviter les gens à une expérience, sans dévoiler ce qui se passe réellement sur scène de façon à ce qu’ils découvrent les choses par eux-mêmes.
- Et aujourd’hui qu’en est-il ?
- Le projet est lancé, on recherche encore des gens, et on pourra vous en dire plus dans deux semaines, sur le vécu, le ressenti des participants, les liens qui se sont tissés, les amitiés ou inimitiés, les expériences qu’ont vécues les gens et nous notre expérience dans les coulisses.

 

Réflexions

Notre parole, c'est celle de futurs acteurs culturels, celle d'étudiants, celle de spectateurs, celle de citoyens et avant tout d'humains, de personnes. Ça commence par des bribes, d'abord on entend parler de la Panacée, son directeur est remercié, finalement non, ou peut être, il reste, et le projet culturel change. Puis la Chapelle, coupe du budget, puis fermeture.
Le festival Hybrides est annulé, le théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone est fermé en cours de saison, Les Voix de la Méditerranée de Lodève est annulé également. Opéra de Montpellier : plan social.
Si la culture était une ville, on se trouverait au milieu d'un champs de ruine.
Face à ces évènements, nous sommes effrayés, abasourdis, énervés…
Nous aimerions comprendre, nous cherchons l'information.

Dans quelques mois, ce sera nous, il faut qu'on se prépare. Trouvons de nouvelles solutions dans lesquelles nous pourrons nous émanciper des pouvoirs publics. Politiques vous détruisez, nous serons là pour recréer. Vous pouvez nous couper les financements, mais vous ne nous volerez pas la poésie qui nous habite.